Les rois mages

Nous avons l'habitude de mettre trois rois mages dans nos crèches mais que savons-nous d'eux ?

Que disent les écritures ?

Pas grand chose. Seul l'évangéliste Mathieu parle de la visite de mages, sans préciser ni leur nom, ni leur nombre, ni leur origine, ni même la date exacte de leur visite... Il parle seulement d'une étoile qui les aurait guidé.

 

Quelle est l'étoile qui a guidé les mages ?

Deux théories s'affrontent :

- la première considère qu'il s'agit de la conjonction de Jupiter et de Saturne événement qui se serait produit entre -6 et -4 avant J.C. Il s'agit bien de la période de la naissance supposée du Christ puisqu'on sait qu'Hérode cité dans les Evangiles est mort en -4.

- la seconde retient l'étoile Spica qui en l'an -2 se serait levée exactement à l'est le jour de l'équinoxe de printemps; cet événement exceptionnel ne se produit que tous les 25920 ans et aurait pu retenir l'attention de mages d'extrême-orient qui le connaissait déjà.

 

Etaient-ils des rois ?

Nous l'avons vu Mathieu n'en parle pas. C'est au IIe siècle qu'un auteur, Tertullien, s'appuyant sur un texte d'Isaïe dans l'Ancien Testament, leur accorde cette qualité.

Dès lors on admet que les rois viennent de Perse, d'Arabie et d'Inde.

 

Combien étaient-ils ?

Là encore, Mathieu ne dit rien. C'est aussi au IIe siècle qu'Origène fixe leur nombre à trois considérant que s'il y a trois cadeaux, eux cités par les Ecritures, il y a trois rois !

Dans certaines régions on a inventé par la suite l'histoire d'un 4e roi mage... La connaissez-vous ? Celle-ci se raconte encore en Finlande et en Russie...

Le 4e roi mage part avec les autres. Mais il n'a qu'un âne comme monture et peine à suivre. Il s'attarde dans une auberge où il voit un vieillard malade trop pauvre pour se faire soigner. Il décide de remettre à l'aubergiste une des perles qu'il prévoit d'offrir à Jésus pour qu'il appelle un médecin. Le lendemain, il repart essayant de rejoindre les autres. Mais sur le bord du chemin il assiste à l'agression d'une femme. Il ne peut lutter contre les soldats qui veulent la violer, ils sont trop nombreux, il leur offre alors une perle pour qu'ils laissent en paix la malheureuse... Il ne lui en reste plus qu'une et il est bien décidé à l'apporter à Jésus. Mais alors qu'il arrive dans une petite ville, il assiste au début du massacre des Saint-Innocents. Pour sauver un enfant, il donne la perle à un soldat. Il hésite et finalement poursuit sa route. Quand il arrive enfin près de Jésus, il y a longtemps que les autres mages sont repartis. Il se jette aux pieds de l'enfant et raconte ce qu'il vient de vivre. Honteux, il n'ose relever les yeux. Quand il le fait enfin, il voit Jésus, qui étaient demeuré indifférent lors de la visite des autres rois, lui sourire et lui tendre les bras.

La tradition de ces pays fait de ce 4e roi, le Père Noël. Généreux, il distribue chaque année les cadeaux aux enfants sur le chemin de la crèche.

Alors le Père Noël a peut-être droit à une petite place dans la crèche ???

 

Comment s'appellent-ils ?

Chez Mathieu les rois n'ont pas de nom.

Le premier écrit qui les nomme dont nous disposons remonte au VIe siècle, il cite Bithisarea (Balthazar), Melichior (Melchior) et Gathaspa (Gaspard).

 

Qu'offrent-ils ?

On le sait les rois font trois présents :

Melchior, le vieux mage aux cheveux blancs et barbu, offre l'or, symbole de la royauté.

Gaspard, le jeune mage, imberbe et au teint un peu rouge, offre l'encens, symbole de la divinité de Jésus, on utilisait déjà l'encens dans les templs.

Balthazar, le mage au teint sombre et barbu, offre la myrrhe qui rappelle que Jésus est mortel. Cette résine était en effet utilisée lors des embaumements.

 

D'où viennent-ils ?

A partir du XIIe siècle le culte des rois mages se développe. On détaille leur histoire et on leur donne pour origine les trois parties du monde alors connu.

Melchior représente l'Europe, Gaspard l'Asie et Balthazar l'Afrique.

C'est probablement pour cette raison que certains peintres, et même certains santonniers leur ont donné des traits européens, asiatiques et africain comme ici Fournier :

 

 

 

Que sont-ils devenus ?

Là encore les Ecritures sont muettes. Quoi de plus facile dès lors que de leur inventer une destinée.

C'est ce que n'hésiteront pas à faire les seigneurs des Baux-de-Provence qui se disaient descendants de Balthazar et avaient pour cri de guerre : "Au hasard, Balthazar !"

Au Moyen-âge un récit rapporte que les reliques des rois mages auraient été retrouvées par Ste Hélène, mère de l'empereur Constantin, vers 330 et qu'elle les aurait fait transférer à Constantinople. Amenées par la suite à une date inconnue à Milan, elles auraient été transférées à Cologne après la destruction de la ville italienne en 1162. C'est là qu'elles sont depuis proposées à l'adoration des fidèles dans une chasse en or.



19/10/2011
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