Les fiancés

Autrefois le mariage était systématiquement précédé de fiançailles. Sous l'Ancien-régime, elles se déroulent souvent quelques jours avant l'union voire la veille du mariage. Puis au XIXe siècle s'impose l'idée de longues fiançailles d'au moins un an.

Pourquoi cette cérémonie préalable ? Elle annonce simplement à tous qu'un accord a été trouvé entre deux familles, car la plupart des mariages étaient autrefois arrangés et ce quel que soit le milieu social. Au XVIIIe siècle, 80 % des unions donnent lieu à la rédaction d'un contrat devant notaire contre seulement 20 % aujourd'hui. C'est que même un modeste laboureur fait quelques cadeaux à ses enfants à marier, selon sa richesse il peut s'agir de bêtes, de terres mais aussi souvent d'objets du quotidien. Il n'est pas rare de voir dans la dot de la mariée les linceuls destinés à l'inhumation des conjoints, des draps, une marmite et même des grains qui pourront être semés. On prévoit d'ailleurs généralement une clause de retour de ces biens à ses parents si elle meurt sans avoir eu d'enfants, voire de fils, ou si son époux devenu veuf se remarie rapidement, preuve que ces dons sont importants bien qu'ils nous semblent souvent dérisoires.

Avant d'arriver aux fiançailles, un long processus s'est déroulé. Toujours accompagné de son père ou à défaut d'un tuteur, le jeune homme est venu rendre une visite. Au début de celle-ci on va lui faire comprendre la position de la famille de la jeune fille. Un refus peut être signifié par des symboles différents selon les régions, en Bourgogne, on ôte les tisons se trouvant dans la cheminée, dans le Berry on offre des oeufs durs ou une omelette. Le plus souvent le fiancé ne formule alors même pas sa demande, il a compris, et peut ainsi quitter la maison sans avoir reçu d'affront. Pour l'encourager à se déclarer, il y a d'autres gestes, en Auvergne on commence à battre des oeufs devant lui, en Bretagne on offre des crèpes !

Une fois la demande formulée et acceptée, commence le temps de la négociation. On discute de ce que chacun des époux va apporter, de la date de la cérémonie, des invités, etc. On n'oublie pas de choisir le notaire qui viendra souvent à domicile rédiger le contrat lors d'une tournée qui le mène dans tous les villages proches de son étude.

Enfin, on en arrive au jour des fiançailles, l'habitude s'impose peu à peu d'offrir ce jour là un cadeau à la future mariée, c'est sans doute celui-ci que porte la fiancée du santonnier Fouque dans un petit coffret.



16/10/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 17 autres membres