Le cantonnier

Le métier

Après la chute de l'Empire romain, les chemins ne sont généralement plus entretenus ou le sont aux frais de ceux qui les empruntent, les péages sont nombreux, ou des propriétaires riverains.

Les nobles en font souvent un des travaux réalisés lors des corvées que les personnes habitant sur leurs terres leur doivent en échange de leur protection.

Au XVIIe siècle est créée une corvée royale pour la création et l'entretien des grandes routes. Ce système permet de pallier l'incapacité du roi à payer des ouvriers.

A partir de 1761 apparaît la notion de canton, celui-ci étant défini comme une portion de route. Chacune devant être entretenu par une personne habitant sur place, le cantonnier...

La corvée commence à être supprimée en 1786 et certaines régions organisent dès lors ce nouveau métier.

Mais le cantonnier demeure le salarié d'un entrepreneur qui le rémunère pour faire son travail.

En 1810, Napoléon demande un rapport sur la situation, exaspéré par l'état de certaines routes. Cette fois une véritable organisation est prévue. Tout habitant d'une commune peut postuler, on lui fournira les matériaux et il percevra une rémunération. Mais ce n'est qu'en 1816 que les cantonniers deviennent des ouvriers permanents de l'Etat.

En 1882, on exige que les cantonniers sachent lire et écrire.

De nos jours on n'utilise plus ce terme désuet, mais celui d'agent d'exploitation, il peut être payé par une collectivité territoriale ou par l'Etat.

Le travail

Un décret de 1835 précise clairement ce qu'on attend du cantonnier, il doit assurer le bon écoulement des eaux, veiller à l'entretien des fossés, enlever la boue qui pourrait rendre la route glissante ou la poussière par temps sec, dégager la neige si elle gêne la circulation, casser la glace si nécessaire, récupérer dans les champs voisins toutes les pierres permettant de réparer les routes, couper les mauvaises herbes, nettoyer les ouvrages d'art comme les ponts, veiller à la bonne conservation des bornes et des panneaux et enfin dégager tout obstacle à la circulation...

En cas d'accident, ils devaient aussi assistance gratuitement aux voyageurs.

Le cantonnier avait comme supérieur un cantonnier-chef qui devait veiller à ce que le travail de ses subordonnés soit effectué correctement, tout en assurant lui-même l'entretien d'un canton un peu moins grand. Ceux-ci devaient parcourir au moins une fois par semaine toute leur circonscription.

Les outils

Le cantonnier devait fournir les outils indispensables à son travail, notamment la brouette, une pelle en fer, une en bois, une tournée (outil pioche d'un côté, pic de l'autre), un rabot de fer, un de bois, une masse, une pince et un cordeau.

Le seul outil que l'administration mettait à leur disposition était un anneau de fer de 6 cm de diamètre permettant de vérifier le calibrage des cailloux.

Un acteur incontournable de la vie d'autrefois

On comprend en voyant l'étendue des tâches qui lui était confiées que nos ancêtres devaient rencontrer sans cesse le cantonnier. Ses journées de travail étaient longues...

Il méritait donc bien un santon... Celui-ci dessous de Denizou représente un cantonnier marseillais, il a sur le dos le panier traditionnel.

 



18/10/2011
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