L'officier de marine

 

Voilà un sujet très rarement abordé par les santonniers, à croire qu'il n'existe pas de port de guerre en Provence !

 

Celui-ci, du santonnier Denizou, est en pleine action, on l'imagine bien commandant une manoeuvre avec son porte-voix.

 

Il porte l'uniforme de la IIIe République, on distingue nettement ses deux galons d'enseigne de vaisseau.

 

Nombreux étaient et sont encore les marins en Provence...

 

Les origines de la marine nationale

 

L'histoire de notre marine commence réellement au XIIIe siècle, avant cette date le royaume de France n'a pas de côte. En 1203, en confisquant la Normandie, Philippe Auguste s'assure un débouché sur la mer. Suivront les acquisitions de l'Aunis, de la Saintonge, du Poitou et du duché de Narbonne qui ouvre le pays sur la Méditerranée.

 

Pourtant pendant longtemps la marine n'est pas organisée de façon tout comme d'ailleurs celles de seigneurs ayant des fiefs donnant sur la mer.

On crée des flottes de circonstance ou, quand de nombreux vaisseaux sont nécessaires on fait appel à Venise ou à Gênes, comme au moment des croisages.

 

On n'hésite pas à s'attacher les services de corsaires étrangers.

 

Jusqu'à la mort d'Henri IV, la marine échappe presque totalement à l'autorité royale pourtant il est de plus en plus important de disposer d'une flotte organisée.

La route des Amériques et de l'Orient nous est souvent coupé par les flottes étrangères.

Richelieu crée donc officiellement la marine royale en 1624.

Dès 1635 elle est engagée contre l'Espagne et gagne des batailles.

 

Malgré ses indéniables qualités notre marine ne demeure que secondaire en Europe, l'Espagne, l'Angleterre et même les Pays-Bas sont bien plus puissants sur ce plan.

 

Louis XIV, avec l'aide de Colbert reprend les choses en main. Tout est réorganisé. La France doit alors protéger ses côtes, nombreuses et ses frontières terrestres, étant pratiquement tout au long du règne en guerre.

 

La longue paix qui débute à l'avénement de Louis XV, en 1715, ne joue pas en faveur de la marine dont on cesse de se préoccuper puisqu'elle n'apparaît plus indispensable. Il faut attendre 1727 pour qu'un ministre, Maurepas, prenne conscience de la situation.

Il demande et obtient des crédits, de nouveaux types de navires sortent des chantiers, des bâtiments de 64, 74 et 80 canons.

 

La France peut enfin développer son commerce international puisqu'elle dispose d'une marine de guerre en mesure de le protéger. L'Angleterre, puissance commerciale majeure voit cela d'un mauvais oeil et entame les hostilités.

Jusqu'en 1755, elle ne parvient pas à s'emparer des comptoirs et colonies françaises. Cette année là, après s'être bien préparée elle attaque sans déclaration de guerre. La guerre de sept ans qui commence va être désastreuse pour la marine française.

 

En 1761, Choiseul, qui a une formation d'officier de l'armée de terre, entreprend cependant de réorganiser la marine qu'il juge sévèrement. De nombreux officiers sont mis d'office à la retraite. Il parvient à faire prendre conscience au roi de l'importance de la flotte. Pour la rendre populaire il encourage les voyages d'exploration comme celui de Bougainville de 1766 à 1768. La formation des officiers est revue, de nouveaux navires sont construits.

 

Quand Louis XVI monte sur le trône, en 1774, il trouve donc une marine en ordre de marche. Le nouveau roi est passionné par le sujet. Bien que profondément pacifique, il rejette l'idée anglaise de domination des mers par un seul pays et comprend la nécessité de disposer d'une marine forte.

Le conflit va éclater à l'occasion de la Guerre d'indépendance américaine. Les Français prennent le parti des révoltés contre l'Angleterre. Louis XVI attend que les Anglais déclenchent la guerre, mais il engage ensuite résolument ses troupes. Malgré des échecs et des défaites, un coup énorme pour les finances royales, l'action de la marine est décisif et sauve les colons américains.

 

La marine arrive à son apogée juste avant la Révolution.

 

Pourtant de 1789 à 1799 elle ne va connaître quasiment que des défaites, désorganisée par le départ des émigrés, disposant d'officiers de piètre qualité, elle perd toute puissance.

 

Napoléon Bonaparte, bien qu'officier d'artillerie sait bien qu'il est important de disposer d'une flotte importante et efficace. Il cherche à la reconstruire et à la réorganiser avec un but essentiel lutter contre le plus ennemi de la France, l'Angleterre.

Pourtant, à Ste Hélène, au seuil de la mort il se plaindra de n'avoir pas pu trouver un bon ministre de la marine et d'avoir échoué.

 

La Restauration hérite d'une marine au moral bas, peu nombreuse et mal organisée. Elle va péniblement remonter la pente mais sans y consacrer cependant de budgets suffisants.

Seul, Louis-Philippe, dans le but de conquêtes coloniales va s'y intéresser davantage.

 

Il faut attendre le Second empire pour que la situation s'améliore. La France lance de nouveaux vaisseaux modernes, elle invente. En 1860, c'est la deuxième marine du monde derrière l'Angleterre.

 

La IIIe République fait rapidement le choix de multiplier les unités plutôt que de construire de gros vaisseaux plus coûteux.

Malgré tout au début de la 1ère guerre mondiale la marine est un peu vieillie mais bien organisée et surtout, chose finalement rare dans son histoire, a bon moral ! Elle prend efficacement part à divers épisodes du conflit, dans les Dardanelles ou dans l'Atlantique notamment.

 

Pendant l'entre-deux-guerres la France fait beaucoup d'efforts, elle dispose de la 4e marine mondiale en 1939.

La flotte française est moderne et homogène.

Elle ne souffre pratiquement pas de la campagne du printemps 1940 mais va connaître un des pires drames de son histoire avec la bataille de Mers-el-Kébir au cours de laquelle la marine anglaise coule une grande part de la flotte et le sabordage de Toulon où les marins sacrifient leurs navires.

En 1944, la France ne dispose plus que des bâtiments ayant gagné l'Angleterre et de ceux demeurés dans les colonies.

 

La reconstruction commence en 1949. Dès 1945, elle se trouve engagée dans les guerres de décolonisation, l'Indochine puis l'Algérie.

 

Ces conflits terminés elle devient une force de dissuasion recevant notamment l'arme nucléaire.

Depuis la fin de la guerre froide, elle est régulièrement engagée lors d'opération extérieures, lors de la guerre du Golfe puis au large de l'ex-Yougoslavie puis en Afghanistan et plus récemment lors de l'intervention en Libye.

 



19/10/2011
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